Es-tu prt  mourir pour moi ?

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EN LIBRAIRIE
LE 01/01/2005

Roman
130 pages
12,95 $
2-89485-323-8

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La nuit

par Jacques Ferron

LE LIVRE

« Justement, dans la nuit, ce que j’avais aimé, c’était son irréalité, ses spectres, son hôte masqué et ganté de rouge, son immense Château bâti d’électricité, sans une pierre, tout de fluide, et qui pouvait s’éteindre brusquement. Je n’aurais pas été surpris, en me retournant, de ne plus le voir. Mais par devant, je savais qu’il ne s’éteindrait plus et que j’allais l’habiter dorénavant, gentleman à jamais, malgré la pitié de ma condition. J’avais retrouvé mon âme perdue, après une longue maladie, mon âme rêveuse et un peu folle, ma sœur nocturne qui transforme en coquilles d’œufs les apparences trop claires. Je vivrai désormais à l’abri du monde, au centre de moi-même et au centre de tout, derrière l’oculaire de l’instant qui a trouvé son point définitif, plus présent à moi-même et plus présent à tout que si je me fuyais sous la lumière, dans les décombres de la nuit, en parcourant les quartiers de la ville et le labyrinthe des rues. »

La réédition d’un classique, paru il y a quarante ans. Une fugue, un « voyage au bout de la nuit québécoise », où le grand talent de conteur de Jacques Ferron prend son véritable envol.

 

Jacques Ferron

Médecin, écrivain et homme politique, Jacques Ferron est une véritable légende de la littérature québécoise.
Auteur polyvalent et prolifique, Ferron a abordé tous les genres littéraires, du théâtre à l'essai. Son style remarquable est au service d'une écriture socialement et culturellement engagée.

« Jacques Ferron est le seul romancier québécois qui ait tenté, tout au long d’une oeuvre maintenant essentielle, de nous donner une mythologie. Son écriture d’ailleurs hésite toujours entre le mythe et le réel, entre l’imaginaire, le rêve québécois et le quotidien. »
Victor-Lévy Beaulieu

Jacques Ferron a reçu entre autres le prix du Gouverneur général en 1963 pour ses Contes du pays incertain, le prix Duvernay en 1972 pour l'ensemble de son oeuvre, ainsi que le prix David, en 1977.

Du même auteur:

 

<...> La nuit de Ferron fut pour moi comme une morsure soudaine, franche, semblable à celle qu’un rêve puissant fait dans le sommeil d’un dormeur et le force à sortir de son inconscience. Pour paraphraser Jacques Ferron, alias François Ménard, je dirai que leur Nuit m’a révélé que « la littérature se dissimule derrière la réalité ».