J’ai terminé une série d’entrevues qui ont marqué le lancement de mon livre et je peux accorder maintenant un peu plus de temps à mon blogue.
Un groupe de commentaires vient d’entrer. Ces derniers ne portent pas encore sur le livre car on est en train de le lire ou bien on se propose de le faire. Ces récents commentaires portent particulièrement sur les objectifs de la souveraineté ou sur des obstacles appréhendés, assez répandus à l’époque du référendum de 1995. Quelques uns ont trait à la reconnaissance d’un Québec indépendant, aujourd’hui.
M. Georges Paquet accumule les obstacles ou les dangers dans une très longue note. Mes commentaires seront courts, mais j’essayerai de couvrir ce à quoi il fait allusion.
1-« La souveraineté entrainerait des années de turbulence »
Ce que j’ai dit est que qu’au prochain référendum, comme lors de celui de 1995, il faudra disposer des fonds nécessaires (le Plan O) pour atténuer les turbulences financières que pendant quelques jours on va tenter de provoquer. Vieille technique bien connue.
2-Un Québec indépendant garde le dollar canadien.
La question est réglée depuis 1995. Dans le monde d’aujourd’hui, lancer une nouvelle monnaie est à peu près impossible. On peut la faire tomber en quelques jours. Il est maintenant établi, reconnu et accepté que si le Québec veut garder le dollar canadien, on ne peut l’empêcher. On perdra l’autonomie d’une politique monétaire. À notre époque, cela n’existe plus guère. L’étape suivante sera-t-elle l’adoption du dollar américain par le Canada ? Peut-être un jour.
3-« Les Québécois ne garderaient pas la nationalité canadienne ».
Tout citoyen canadien qui réside au Québec recevra automatiquement la citoyenneté québécoise. Certains voudront sans doute garder la nationalité canadienne. Le Québec ne devrait pas s’opposer à la double nationalité. Dans ce cas, il devra s’adresser à Ottawa. Québec n’a rien à voir là dedans.
4-Est-ce que le Canada sans le Québec continuerait à faire partie de la francophonie ?
L’Albanie et l’Égypte étant membre de la francophonie, on ne voit pas pourquoi l’Acadie, entre autres, s’en retirerait.
5- Quant aux négociations avec le Canada, cela exige plus qu’une note. J’y reviendrai.
Merci à Mme Sylvie Tremblay pour ses commentaires sur des sujets voisins.
À Marc-André Pharand
Des dizaines de pays ont été reconnus par les Nations-Unies depuis un quart de siècle, sans compter tous ceux qui l’ont été après la Seconde Guerre mondiale. On commence à savoir comment faire. Bien sûr quand, à l’occasion, une guerre éclate autour de l’indépendance d’un territoire, cela crée pendant quelques temps des problèmes. Mais, ne nous inspirons pas du Kosovo pour comprendre le Québec. Lisons plutôt les déclarations de MM. Chirac et Clinton dans l’annexe I et le chapitre VI de mon livre.
À MM. Willie Gagnon et Félix Pinel
Vous avez raison. Un référendum ne décide rien, il autorise. C’est à l’Assemblée nationale de décider.
Cette dernière représente, comme vous le dites, le peuple tout entier. Mais, l’élection a porté sur plusieurs questions et pas seulement sur la souveraineté. On veut donc confirmer par un référendum la volonté claire du peuple de devenir indépendant.
Je comprends fort bien que certains jugent qu’une élection serait suffisante mais les précédents ont été créés et les citoyens les ont confirmés.