25 novembre 2009

Chers internautes,

Ce billet sera le dernier d’une série trop courte. Des raisons de santé m’obligent à interrompre ce blogue de façon prématurée, mais soyez sans crainte, ce n’est rien de grave.

Je vous avouerai que je suis un peu attristé, moi qui découvre avec ravissement un moyen de vous lire et de vous répondre sans contrainte de temps ou d’espace.

Je vous dis au revoir et vous laisse avec ceci, qui termine le livre:

«La conclusion ramène à ce qui m’est toujours apparu comme la raison profonde, essentielle de la souveraineté du Québec:  être responsable de soi-même dans une démocratie où l’État est pleinement redevable à ses citoyens. »

Plus de réponses et quelques éclaircissements

23 novembre 2009

J’ai terminé une série d’entrevues qui ont marqué le lancement de mon livre et je peux accorder maintenant un peu plus de temps à mon blogue.

Un groupe de commentaires vient d’entrer. Ces derniers ne portent pas encore sur le livre car on est en train de le lire ou bien on se propose de le faire. Ces récents commentaires portent particulièrement sur les objectifs de la souveraineté ou sur des obstacles appréhendés, assez répandus à l’époque du référendum de 1995. Quelques uns ont trait à la reconnaissance d’un Québec indépendant,  aujourd’hui.

M. Georges Paquet accumule les obstacles ou les dangers dans une très longue note. Mes commentaires seront courts, mais j’essayerai de couvrir ce à quoi il fait allusion.

1-« La souveraineté entrainerait des années de turbulence »

Ce que j’ai dit est que qu’au prochain référendum, comme lors de celui de 1995, il faudra disposer des fonds nécessaires (le Plan O) pour atténuer les turbulences financières que pendant quelques jours on va tenter de provoquer. Vieille technique bien connue.

2-Un Québec indépendant garde le dollar canadien.

La question est réglée depuis 1995. Dans le  monde d’aujourd’hui, lancer une nouvelle monnaie est à peu près impossible. On peut la faire tomber en quelques jours. Il est maintenant établi, reconnu et accepté que si le Québec veut garder le dollar canadien, on ne peut l’empêcher. On perdra l’autonomie d’une politique monétaire. À notre époque, cela n’existe plus guère. L’étape suivante sera-t-elle l’adoption du dollar américain par le Canada ? Peut-être un jour.

3-« Les Québécois ne garderaient pas la nationalité canadienne ».

Tout citoyen  canadien qui réside au Québec recevra automatiquement la citoyenneté québécoise. Certains voudront sans doute garder la nationalité canadienne. Le Québec ne devrait pas s’opposer à la double nationalité. Dans ce cas, il devra s’adresser à Ottawa. Québec n’a rien à voir là dedans.

4-Est-ce que le Canada sans le Québec continuerait à faire partie de la francophonie ?

L’Albanie et l’Égypte étant membre de la francophonie, on ne voit pas pourquoi l’Acadie, entre autres, s’en retirerait.

5- Quant aux négociations avec le Canada, cela exige plus qu’une note. J’y reviendrai.

Merci à Mme Sylvie Tremblay pour ses commentaires sur des sujets voisins.

À Marc-André Pharand

Des dizaines de pays ont été reconnus par les Nations-Unies depuis un quart de siècle, sans compter tous ceux qui l’ont été après la Seconde Guerre mondiale. On commence à savoir comment faire. Bien sûr quand,  à l’occasion, une guerre éclate autour de l’indépendance d’un territoire, cela crée pendant quelques temps des problèmes. Mais, ne nous inspirons pas du Kosovo pour comprendre le Québec. Lisons plutôt les déclarations de MM. Chirac et Clinton dans l’annexe I et le chapitre VI de mon livre.

À MM. Willie Gagnon et Félix Pinel

Vous avez raison. Un référendum ne décide rien, il autorise. C’est à l’Assemblée nationale de décider.

Cette dernière représente, comme vous le dites, le peuple tout entier. Mais, l’élection a porté sur plusieurs questions et pas seulement sur la souveraineté. On veut donc confirmer par un référendum la volonté claire du peuple de devenir indépendant.

Je comprends fort bien que certains jugent qu’une élection serait suffisante mais les précédents ont été créés et les citoyens les ont confirmés.

Quelques réponses

18 novembre 2009

aux questions et commentaires suscités par mon billet précédent :

À Normand Perry

Vous référez à une morosité que je comprends tellement bien ! On nous rabâche les oreilles avec le cynisme, l’apathie, l’indifférence des électeurs en général et les jeunes en particulier. Et on vous condamne à un avenir médiocre parce que la population vieillit et va se réduire, et que notre dette nous écrase.

Rappelez-vous qu’en 1995 (il n’y a après tout pas si longtemps), 94,5 % de la population a voté au référendum. C’est-à-dire à peu près tout le monde. Le sujet était passionnant, les débats intéressants. On n’a qu’à être fier d’avoir répondu avec une telle ferveur. Ça peut se reproduire, avec succès ce coup-ci.

Quant à la désespérance démographique et financière, je vous suggère de regarder les pages 139 à 150 de mon livre. Elles sont écrites spécifiquement pour la dissiper.

J’aimerais savoir si cela répond à votre question.

À Roger Blackburn

Avant le référendum de 1995, un projet de loi « sur l’avenir du Québec » a été distribué dans tous les foyers du Québec. Il établissait justement le déroulement des opérations après un référendum gagné, en particulier, pour ce qui a trait aux négociations jusqu’à la déclaration d’indépendance. Cela suivait le travail des commissions sur l’avenir du Québec (une vingtaine)  qui à travers le Québec ont fait appel à la collaboration de 55 000 personnes. Cela ne s’était jamais vu.

Ce qui arriverait dans les quelques jours qui suivraient un référendum gagné sur le plan économique et financier était prêt et aurait été amené le soir du 30 octobre si le oui l’avait emporté. Vous avez peut-être raison qu’on aurait dû faire état des réserves financières disponibles avant le jour du référendum.

À Félix Pinel

C’est vrai que j’ai pensé longtemps que puisque le Québec était entré dans la fédération canadienne sur un vote de ses députés, il pouvait en sortir sur un vote de ses députés.

L’idée n’est pas farfelue. Encore récemment, la Slovaquie et la République Tchèque se sont séparés de cette façon.

Mais pour beaucoup de gens, une telle décision avait une telle importance qu’il était logique- même moral- qu’elle soit prise par le peuple en entier, c’est-à-dire par référendum. C’est à cela que le Parti québécois s’est rangé en 1974. Il n’en a pas varié depuis et en a tenu deux. On verrait mal que tout à coup il largue la formule.

À Marc-André Pharand et Cynthia Legros

Vous avez tout à fait raison de mettre l’accent sur la reconnaissance internationale ; c’est fondamental. Logiquement, la reconnaissance d’un nouveau pays dans les Amériques devrait être reconnue  par les États-Unis. Mais cela est difficile pour les Américains de lâcher leurs cousins canadiens-anglais. Alors il a fallu les aider un peu. La France et une partie de la francophonie nous a donné de 1990 à 1995 un bon coup de main. Nous savions, en arrivant au référendum, que s’il était gagné, la reconnaissance de la France viendrait et que les Américains ne retireraient pas leur appui à une démarche si elle était vraiment démocratique.

Il faut lire à ce sujet   l’annexe 1 de mon livre,  la déclaration du Président Chirac à CNN, et celle du Président Clinton quelques jours avant le référendum. La préférence de ce dernier pour le Canada est évidente mais il reconnait d’emblée que les Québécois auront à décider.

Quant à la situation actuelle, il est clair que les déclarations de monsieur Sarkozy compliquent les choses… pour le moment.

Pourquoi j’ai écrit La souveraineté du Québec. Hier aujourd’hui et demain ?

16 novembre 2009

Aujourd’hui, une nette majorité de Québécois pense que la souveraineté est réalisable et que le Québec a les moyens de la réaliser.

Une moitié pense que cela est souhaitable, mais une minorité seulement pense que cela va se faire.

Je cherche dans ce livre à montrer comment on peut réaliser la souveraineté et quels avantages elle présente dans le monde d’aujourd’hui.

Ce n’est pas un livre de polémique politique mais plutôt un bilan et un regard vers l’avenir.

L’important, je pense, c’est de comprendre à quel point la mondialisation et l’intégration des économies rend de plus en plus nécessaire que des gens qui veulent vivre ensemble, une nation en somme, puissent décider de leurs affaires et défendre leurs intérêts sur le plan international. Il n’y a rien d’original ou de farfelu à cela. C’est simplement être responsable de soi-même.

Dans ce sens, la souveraineté du Québec sera l’aboutissement d’un effort commun.

En 1995, nous y somme presque arrivés. 52 000 voix seulement sur 5 millions…

15 novembre 2009

J’ai écrit trois livres sur le Québec. Dans Pour un Québec souverain (VLB éditeur, 1997), on retrouve certains de mes textes et discours qui me paraissaient les plus pertinents pour comprendre ma vision de l’avenir du Québec. Le second, Le Québec et la mondialisation : une bouteille à la mer ? (VLB éditeur, 1998), était consacré à une réflexion sur l’avenir du Québec dans le contexte nouveau de la chute des barrières économiques et financières entre les États.Dans le présent ouvrage, La souveraineté du Québec. Hier, aujourd’hui et demain, je mets à contribution une longue expérience d’économiste, de professeur et de politicien pour faire le point et mettre de l’ordre dans mes idées. Ce livre n’en est pas un de mémoires mais je plonge sans vergogne dans mes souvenirs quand cela peut être utile pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui et ce qui se dessine pour l’avenir.

La première partie du livre est consacrée aux deux tentatives de réaliser la souveraineté en 1980 et en 1995 et à ce qui pourrait être la prochaine tentative.

La seconde, cherche à situer où en est aujourd’hui l’idée de souveraineté.

La troisième partie a trait à l’organisation et la viabilité d’un État du Québec.

La quatrième partie, la plus longue, porte sur les rapports de cet État du Québec avec l’entreprise et avec le citoyen. On ne peut pas tout avoir, d’autant qu’il y a bien des façons d’aborder ce genre de question. On traite d’abord des rapports de l’État et de l’entreprise et de la croissance, le plus compliqué des problèmes auxquels les gouvernements progressistes d’aujourd’hui ont à faire face. Puis on aborde quatre des questions qui touchent les rapports de l’État et du citoyen.Comment aider les travailleurs à s’adapter au marché du travail (le pire des travers du fédéralisme canadien) ? Comment distribuer les revenus à partir d’une certaine idée de la justice sociale ? Et finalement, comment assurer l’implantation de politiques québécoises d’environnement qui satisfassent les valeurs de la société québécoise sans avoir à sacrifier aux intérêts pétroliers ou charbonniers du reste de l’Amérique du Nord.

La conclusion ramène à ce qui m’est toujours apparu comme la raison profonde essentielle de la souveraineté du Québec, être responsable de soi-même dans une démocratie où l’État est pleinement redevable à ses citoyens.

Ce blogue sera donc un lieu d’interactions qui nous permettra d’échanger sur différents extraits du livre qui y seront placés de façon régulière. Il y aura également, à l’occasion, des photos et des vidéos des deux lancements, celui de Montréal et celui de Québec, ainsi que des vidéos d’archives et différents supports techniques et statistiques en lien avec le thème abordé.

Le blogue sera actif lundi le 16 novembre

Au plaisir de vous lire